La consultation avant une rhinoplastie

Toute rhinoplastie doit comporter une étude préopératoire répondant à un certain nombre de questions avant d’établir un projet sur des photographies.

La motivation et les demandes du patient sont appréciées par l’interrogatoire. Classiquement, la rhinoplastie est pratiquée en fin de croissance. Des études montrent que la croissance du nez est terminée vers 14-15 ans chez la fille et 16-17 ans chez le garçon.

Cependant la septoplastie chez le jeune peut être indiquée pour des raisons d’obstruction nasale ou de déformation majeure . L’étude de l’équilibre et de l’harmonie faciale est souvent sous-estimée alors qu’elle est primordiale si l’on veut que le nez s’intègre parfaitement dans la face et vice versa. La forme, la position, les dimensions et les volumes du front, des cadres orbitaires, des pommettes, des lèvres et du menton sont soigneusement examinés car ils influencent la correction chirurgicale. En effet, certaines rhinoplasties relèvent d’une chirurgie squelettique qui peut harmoniser dans le même temps la face et le nez .

Les dysmorphoses maxillomandibulaires en sont les exemples les plus typiques. Elles sont responsables de malposition des lèvres et du menton mais aussi de la base du nez, notamment de la pointe.

Une rétromaxillie, c’est à dire une position rétruse du maxillaire est souvent responsable d’un effacement de la région périnarinaire et des pommettes, d’une lèvre supérieure rétruse et d’un nez à pointe tombante et à base étroite. Dans ces cas, le nez peut paraître exagérément projeté. De même, une rétromandibulie ou une rétrogénie donne l’illusion d’une projection nasale exagérée. La correction de ces dysmorphoses donne le plus souvent les plus « belles » rhinoplasties.

D’une manière générale, le traitement d’une malocclusion associée à une dysmorphose maxillomandibulaire nécessitant une chirurgie des maxillaires doit toujours être corrigée avant une éventuelle correction nasale. En effet, le déplacement du maxillaire va provoquer une modification morphologique du nez parfois heureuse permettant d’éviter la rhinoplastie prévue  L’examen préopératoire du nez étudie son aspect esthétique et anatomique ainsi que son rôle fonctionnel.

L’aspect esthétique apprécie :

– de profil : le point nasion, l’angle nasofrontal, l’angle nasofacial, la silhouette du dorsum (cyphotique ou ensellée), la pointe (rapport projection/ longueur nasale) et l’angle nasolabial.

-de face et de trois quarts oblique : la racine du nez (symétrie, largeur, projection), le dorsum (longeur, symétrie), la pointe (projection et largeur des dômes) et le complexe alocolumellaire (débord de la columelle, largeur des ailes narinaires)

-la base du nez, tête défléchie : les orifices narinaires, la columelle, le lobule, les ailes du nez  (aspect, insertion, dimensions et orientation)

L’aspect anatomique (revêtement cutanéomusculaire, armature cartilagineuse et osseuse  doit être soigneusement apprécié car les possibilités de correction en dépendent grandement.

L’aspect de la peau a un rôle primordial. Une peau épaisse, séborrhéique se rétracte peu et de façon imprévisible. Aussi, on aura tendance à éviter de trop réséquer les cartilages de pointe et de trop diminuer la projection nasale. Au contraire, elle pourra être augmentée pour faire apparaître les reflets et les ombres qui affinent le nez.

En revanche, une peau très fine risque de faire apparaître toutes les imperfections osseuses et cartilagineuses. La palpation de la pyramide osseuse apprécie sa longueur par rapport à la pyramide cartilagineuse ainsi que la largeur de la jonction os–cartilage latéral.

L’examen endonasal étudie une éventuelle déviation de la cloison, la forme et le volume des cornets et de la valve narinaire. Une déviation du cartilage septal est particulièrement importante à noter car elle peut être responsable d’une asymétrie nasale après une rhinoplastie sur un nez symétrique.

Un projet sur des photographies peut alors être proposé en fonction de cet examen et de la demande du patient. Les photographies du visage sont réalisées patient au repos dans une position naturelle, regardant à l’infini en incidences de face, de profil, de trois quarts oblique et de base . Il faut informer le patient des possibilités de correction et des aléas inhérents à cette chirurgie qui peuvent nécessiter des « retouches ».

Pour comprendre l’analyse du nez, vous pouvez consulter notre page sur les méthodes d’évaluation d’une rhinoplastie