Grains de beauté et tumeur de la peau

Traitement des grains de beauté et tumeur de la peau

QU’EST CE QU’UNE TUMEUR DE LA PEAU ?

Le terme tumeur de la peau regroupe à la fois les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes.

Les tumeurs bénignes les plus fréquentes sont les grains de beauté (naevus), les tumeurs graisseuses (lipomes), et les kystes (kystes sébacés, loupes du cuir chevelu). Ces tumeurs ne présentent aucun caractère de gravité, et les seules raisons de les enlever sont soit un doute sur leur nature, soit une gêne liée à leur emplacement ou à leur taille (notamment une lésion qui grossit par exemple, lésion qui frotte les vêtements), soit une raison esthétique.

Les tumeurs malignes les plus fréquentes sont les carcinomes basocellulaires, les carcinomes épidermoïdes (ou spinocellulaires), et les mélanomes.

Les carcinomes basocellulaires sont des tumeurs qui restent localisées et ne métastasent jamais. Il faut cependant les enlever car si on les laisse en place elles risquent de s’étendre et de devenir plus difficiles à enlever, voire d’atteindre des organes nobles.

Les carcinomes épidermoïdes ou spinocellulaires sont des tumeurs un peu plus agressives avec un risque de métastase, qu’il faut également retirer car elles risquent également de s’étendre.

Les mélanomes sont des tumeurs beaucoup plus agressives qui nécessitent de retirer la tumeur de la peau de façon beaucoup plus large ; elles nécessitent un suivi beaucoup plus rapproché et un bilan d’imagerie poussé.

QUEL EST LE PRINCIPE de l’exérèse d’une tumeur cutanée ?

Le principe de la chirurgie diffère selon qu’il s’agit d’une tumeur de la peau bénigne ou d’une tumeur maligne.

La tumeur bénigne est retirée sans biopsie préalable. Certaines tumeurs bénignes comme les lipomes peuvent nécessiter une échographie préalable lorsque leur taille est importante. Lorsqu’on retire une tumeur bénigne, il n’est pas nécessaire de prendre une marge de sécurité, et on passe au plus près des bords de la lésion afin d’obtenir le résultat le plus esthétique possible. La tumeur bénigne est ensuite envoyée au laboratoire pour une analyse anatomopathologique à titre de précaution.

A l’inverse, pour les tumeurs malignes, on réalise très fréquemment une biopsie. La biopsie consiste à retirer une petite « carotte » de tissu pour connaître la nature exacte de la tumeur et en déduire son traitement. Le résultat de la biopsie prend environ une dizaine de jours. On programme ensuite le retrait total de la lésion avec une marge de sécurité périphérique, dont la taille dépend de la nature de la tumeur (type de tumeur, caractéristiques cellulaires, taille et localisation). On envoie la tumeur retirée pour analyse anatomopathologique, qui confirme que la tumeur a bien été retirée dans sa totalité. Si l’analyse indique que la tumeur n’a pas été entièrement retirée ou bien que les marges de sécurité sont insuffisantes (parfois des cellules invisibles à l’œil nu sont vues au microscope sur les bords de la tumeur), on peut être amené à faire une reprise des marges, c’est-à-dire à réopérer pour enlever une collerette de sécurité supplémentaire. Lorsque la décision de traitement est difficile à prendre (tumeur atypique, tumeur de grande taille ou mal placée dont l’exérèse prévoit d’atteindre des organes nobles, doute sur les marges), votre dossier sera présenté à une RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) où sont présents des dermatologues, des anatomopathologistes, des oncologues et des chirurgiens ; cette réunion pourra ainsi décider collégialement du meilleur traitement pour vous. Les Dr Pessis et Abbou travaillent avec la RCP de l’hôpital Tenon (APHP).

Quels sont les principes de reconstruction après l’exérèse d’une tumeur cutanée ?

Lorsque la lésion est située sous la peau, la question ne se pose pas puisqu’après avoir enlevé la lésion sous-cutanée on referme la peau sur elle-même. Ainsi l’exérèse des lipomes, des kystes ou des loupes ne pose généralement aucun problème de reconstruction.

Si la lésion cutanée retirée est de petite taille, le trou (la perte de substance) laissée par l’exérèse de la lésion sera immédiatement suturée sur lui-même. On parle alors d’exérèse – fermeture. C’est le cas pour tous les naevi, et pour les carcinomes de petite taille, ou bien localisés dans des zones avec suffisamment de laxité cutanée pour pouvoir tirer sur la peau. La discrétion de la cicatrice sera favorisée par l’orientation de l’incision dans l’axe des plis naturels de la peau et par une technique de suture irréprochable.

Pour les lésions de plus grande taille ou situées à proximité d’une zone où on ne peut pas tirer la peau sous peine de la déformer (nez, oeil, etc), on ne peut pas réaliser d’exérèse – fermeture et on doit faire appel à un procédé de reconstruction.

La première étape est de s’assurer que l’on a bien enlevé toute la lésion. En effet si l’on reconstruit d’emblée la zone, mais que l’analyse anatomopathologique indique qu’il reste de la tumeur, on devra défaire la reconstruction pour enlever à nouveau de la peau, et l’on aura ainsi « gâché » une possibilité de reconstruction. Le principe consiste donc à laisser temporairement la zone de peau en attente de reconstruction en attendant d’être sûr que l’on a bien tout enlevé. La zone est d’abord couverte par un pansement cousu à la peau (bourdonnet), puis par des pansements que l’on change quotidiennement. Cette étape permet également de faire bourgeonner la zone de peau à reconstruire, c’est-à-dire de rendre le « sous-sol » propice pour recevoir la reconstruction.

Une fois que l’on a les résultats de l’analyse anatomopathologique (une dizaine de jours), et que l’on est sûr que tout a été enlevé, on peut faire appel à deux grandes catégories de techniques de reconstruction

  • La greffe de peau
  • Le lambeau

Le principe de la greffe de peau est de prendre de la peau sur une zone du corps où on a suffisamment de laxité (pour le visage on prend la peau devant l’oreille ou sur la paupière supérieure, et pour le corps on peut la prendre au-dessus de la clavicule ou au niveau du pli de l’aine). On coud ensuite cette greffe de peau sur la perte de substance. Il s’agit d’une technique simple et efficace, qui ne laisse pas de cicatrice en plus. Le risque est qu’une partie de la greffe ne prenne pas.

Le principe du lambeau est différent. Il s’agit de déplacer une zone de peau adjacente à la perte de substance pour la couvrir, par des techniques d’avancée, de transposition et de rotation. L’avantage est que l’on apporte une peau de pleine épaisseur avec un résultat cosmétique final de très bonne qualité. L’inconvénient est que le lambeau en lui-même laisse une cicatrice supplémentaire.

Ces deux techniques seront à discuter avec votre chirurgien.

Comment se passe l’exérèse d’une lésion cutanée ?

En fonction de la taille de la lésion, de la reconstruction à prévoir et de votre état de santé, l’intervention pourra se passer au cabinet des Dr Abbou et Pessis ou au bloc opératoire. Dans tous les cas il s’agit d’une intervention ambulatoire (sans hospitalisation). L’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale, locale avec sédation ou générale en fonction de l’importance du geste.

Elle peut être réalisée en une seule étape (exérèse-fermeture) ou en deux étapes avec plusieurs jours intermédiaires pour attendre le résultat de l’analyse anatomopathologique.

Les suites opératoires ne sont pas douloureuses. Des soins vous seront prescrits en fonction de la technique utilisée. Dans les heures qui suivent l’intervention, un petit suintement de sang (rouge) ou de lymphe (jaune) peut éventuellement venir légèrement tacher le pansement. Dans les 48 premières heures, la région opérée peut aussi parfois laisser apparaître un œdème (gonflement) et de petites ecchymoses (bleus) qui ne sont que transitoires.

La cicatrice évoluera sur un an, et s’atténuera au fil du temps.

Nos Publications scientifiques sur la chirurgie des cancers de la peau

Prix du traitement chirurgical des lésions de la peau

Interventions
Prix
Traitement chirurgical des lésions de la peauA partir de 300€

En chirurgie dermatologique, le Dr Pessis intervient également sur la retouche de cicactrices, les problèmes de transpiration et l’exploitation du laser Urgotouch.

Questions au chirurgien esthétique (2)

Bonjour, j ai un bouton qui ne cicatrise pas sur ma joue. Mon dermatologue m a dit que c était sûrement un cancer de la peau et que je devais consulter un chirurgien plasticien. Pouvez vous opérer cela ?

Bonjour Madame, oui biensur nous opérons les tumeurs bénignes et malignes de la peau en collaboration avec votre dermatologue. Bien cdlt

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