Anatomie du nez

Cette synthèse de l’anatomie du nez est issue de l’article scientifique : évaluation des résultats des rhinoplasties publié par Dr ABBOU

La région nasale, est située entre :

  • en haut une ligne horizontale réunissant les points culminants des deux arcades orbitaires, et au delà le front.
  • en bas une ligne horizontale tangente au bord postérieur de la cloison nasale, avec en dessous la lèvre inférieure.
  • sur les côtés et de haut en bas, le canthus interne qui sépare le nez de l’oeil, le sillon nasogénien et le sillon alogénien qui séparent le nez de la joue.

Le nez est une saillie médiane qui occupe le tiers moyen de la face. Il se présente sous la forme d’une pyramide triangulaire à base inférieure. Sa structure ostéocartilagineuse est recouverte par les muscles peauciers, le tissu sous-cutané et enfin la peau. La face endonasale de cette armature ostéocartilagineuse est tapissée par la peau endonasale et la muqueuse nasale.

Le Squelette ostéo-cartilagineux

Son rôle est essentiel dans la morphologie nasale.

 Le nez osseux : Tisserant décompose le nez osseux en éléments de suspension, de soutien et de couverture [16].

 Les éléments de suspension :

  • L’épine nasale de l’os frontal, médiane et triangulaire qui s’articule en avant avec les os propres du nez, et en arrière avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde.
  • La lame perpendiculaire de l’ethmoïde, dont le bord antérieur s’articule avec l’épine nasale de l’os frontal et les os propres du nez, le bord postérieur avec la crête du sphénoide et le vomer, et le bord inférieur avec le cartilage septal.

 Les éléments de soutien :

Situés en bas, ils empêchent l’affaissement du nez osseux.

D’avant en arrière ce sont :

  • L’épine nasale antérieure, saillie antérieure prolongeant la crête incisive. Triangulaire, elle remplit la partie postérieure de la columelle et supporte la partie antérieure du cartilage septal. Elle est responsable de la forme de l’angle nasolabial.
  • Le prémaxillaire, médian formé par la réunion des deux prémaxillaires. Il constitue l’os incisif. Sa paroi supérieure forme la partie antérieure du plancher des fosses nasales, et constitue sur la ligne médiane l’épine nasale antérieure, prolongée en arrière par la crête incisive. Sa paroi inférieure constitue la partie antérieure du palais osseux (la limite postérieure du prémaxillaire correspond aux foramens incisifs). Son bord antéro-supérieur limite en bas l’orifice piriforme.
  • Le vomer, lame verticale sagittale en soc de charrue s’insérant en bas et en avant sur la crête incisive et la crête nasale et s’articulant en haut et en arrière avec la face inférieure du corps du sphénoide par l’intermédiaire de la synchondrose en V de Dambrain (Stricker, 1993). Son bord antéro-supérieur s’articule avec la lame perpendiculaire de l’ethmoide en haut et en arrière, et avec le cartilage septal en bas et en avant. Son bord postérieur constitue la limite médiane des choanes.

 Les éléments de couverture

  • Les os propres du nez, symétriques et très variables, sont rectangulaires en forme de tuiles à concavité interne, et présentent quatre bords et deux faces. Le bord interne s’articule avec le bord interne de l’os propre controlatéral. Le bord latéral s’articule avec l’apophyse montante ou processus frontal du maxillaire. Le bord supérieur s’articule avec l’os frontal. Le bord inférieur s’articule avec les cartilages triangulaires, réalisant la jonction entre desmocrane et chondrocrane. La face externe est recouverte par la graisse sous musculo-aponévrotique en regard du muscle procerus. La face interne comprend le pédicule ethmoidal antérieur.
  • Les processus frontaux des maxillaires (ou apophyses montantes des maxillaires) sont rectangulaires. Leur bord supérieur s’articule avec le frontal, l’os propre du nez en avant, et en arrière avec l’os lacrymal. La face latérale donne insertion aux muscles releveurs de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, à l’orbiculaire de l’oeil, et au ligament palpébral médial. La face médiale s’articule avec l’ethmoide et le cornet nasal moyen.

L’orifice piriforme

Piriforme signifie “en forme de poire”. Selon Rohrich et Pessa, l’orifice piriforme s’effacerait avec l’âge , tout en subissant un véritable déplacement postérieur responsable d’un recul de la pyramide nasale par défaut de soutien, et donc une chute de la pointe du nez due à la transmission des changements osseux par l’intermédiaire du ligament piriforme qui amarre les cartilages alaires à l’orifice piriforme.

Le nez cartilagineux

Il comprend le cartilage septal qui est grossièrement médian avec toutes les déviations qu’on lui connait, les cartilages alaires ou cartilages latéraux inférieurs, qui s’articulent avec les cartilages triangulaires ou cartilages latéraux supérieurs par l’intermédiaire de la jonction triangulo-alaire.

 Le septum cartilagineux ou lame quadrangulaire

C’est un cartilage impair médian et quadrilatère, séparant les fosses nasales. Il est recouvert par un périchondre en continuité avec le périoste du vomer et de la lame perpendiculaire de l’ethmoide, et par la muqueuse des fosses nasales.

Il présente :

  • un bord postéro-supérieur oblique en bas et en arrière répondant à la lame perpendiculaire de l’ethmoide.
  • un bord postéro-inférieur oblique en haut et en arrière répondant au vomer et à la crête incisive en avant.
  • un bord antéro-supérieur oblique en bas et en avant formant la partie cartilagineuse du dorsum nasal dont il détermine en partie la forme.
  • un bord antéro-inférieur libre et mobile, oblique en haut et en avant, qui prolonge l’épine nasale à laquelle il est uni par le ligament septoprémaxillaire de Latham.

Les cartilages triangulaires  portent mal leur nom, puisqu’ils sont en fait rectangulaires avec quatre bords et deux faces. Le bord supérieur répond à l’os propre du nez homolatéral. Le bord inférieur est concave en haut et s’articule avec le cartilage alaire ; mobile, il joue un rôle dans la physiologie de la valve nasale.

Le bord médial répond à la lame quadrangulaire avec laquelle il fusionne; son tiers inférieur est libre et mobile; il joue également un rôle dans la physiologie de la valve nasale . Le bord latéral répond à l’orifice piriforme en haut, mais sa partie inférieure limite en avant le triangle faible latéral, qui est un espace conjonctif où se trouvent parfois les cartilages sésamoides. La face antérieure est recouverte de périchondre, et répond au muscle transverse du nez.

Les cartilages alaires (figure 3) constituent la charpente du nez mobile antérieur. Ils forment la pointe du nez et le tiers antérieur de l’aile narinaire. Les deux tiers postérieurs de l’aile narinaire sont vides de cartilage et comprennent des éléments musculocutanés et du tissu conjonctif. Les cartilages alaires sont de la forme d’un fer a cheval, avec deux surfaces, la crus mésiale et la crus latérale, réunies à leur sommet pour former le dôme de l’alaire.

* La crus mésiale, branche interne de l’alaire, est horizontale et constitue avec son homologue la charpente cartilagineuse des deux tiers antérieurs de la columelle. A leur partie postérieure, les 2 crus divergent et sont séparées du septum cartilagineux par du tissu fibreux au niveau de la jonction cutanéomuqueuse, qui forme le septum membraneux. Les crus mésiales se terminent au contact de l’épine nasale antérieure et sont intimement accolées à la peau. La partie antérieure de chaque crus mésiale s’unit à la crus latérale pour former le dôme.

* Le dôme ou crus intermédiaire correspond à la pliure de l’alaire : c’est une zone de jonction du cartilage alaire entre crus mésiale et crus latérale dont la hauteur est variable, ainsi que l’angulation. L’orientation en dehors détermine avec la crus controlatérale l’angle de divergence comblé par des tissus mous. Lorsque cet angle est supérieur à 60˚, on parle de pointe globuleuse. La réunion des dômes droit et gauche constitue la charpente de la pointe du nezet assure la projection de celle-ci. Les deux dômes sont unis par un tissuconjonctif, décrit par Pitanguy comme le ligament interdomal ou “ligament suspenseur de la pointe”.

* La crus latérale, branche externe de l’alaire est le plus souvent convexe en avant et en dehors. De forme ovalaire, elle arme l’aile du nez dont elle n’atteint pas le bord libre en bas. Le prolongement postérieur de la crus latérale est uni à l’orifice piriforme par un renforcement fibreux, le ligament piriforme [19], qui contient également des sésamoides, et qui délimite le triangle faible latéral. La jonction inter-cartilagineuse triangulo-alaire et le ligament piriforme entrent dans la constitution de la valve nasale.

La jonction triangulo-alaire

Il s’agit d’une lame de tissu conjonctif contenant des lamelles cartilagineuses, les sésamoides, unissant le bord supérieur des alaires au bord inférieur des triangulaires.

Muscles du nez

Les muscles du nez  sont des muscles peauciers, séparés du plan profond par une couche cellulo-adipeuse plus ou moins lâche, plus ou moins épaisse, qui permet leur mobilité par rapport aux plans sous-jacents.Le système musculaire participe à la mimique du visage, joue un rôle dans la respiration nasale, et dans une certaine mesure, dans la forme du nez.

 Muscle pyramidal

C’est un petit muscle allongé et vertical, occupant la partie supérieure du dos du nez et la région inter sourcilière. Il s’insère en bas sur le périchondre du cartilage latéral supérieur et sur la partie inféro-interne de l’os propre. De là, le muscle se porte verticalement, en se juxtaposant avec son homologue vers la peau de la région inter-sourcilière où il s’insère. Il existe des connexions tendineuses entre pyramidal et frontal mais celui-ci n’est pas une continuation du muscle frontal vers le nez. Il attire vers le bas la peau de l’espace inter-sourcilier, provoquant un pli transversal au-dessus de la racine du nez et donnant de la dureté au regard.

Muscle transverse du nez

Ce muscle mince, aplati et triangulaire est étendu du dorsum cartilagineux à la fosse canine, recouvrant les cartilages latéraux supérieurs. Il naît du dos du nez par une lame aponévrotique qui se confond sur la ligne médiane avec celle du côté opposé. De là, les fibres se portent vers le sillon naso-labial, recouvrant alors la partie postérieure des cartilages alaires. Il s’attache à la face profonde de la peau le long du sillon nasogénien, et se confond avec le myrtiforme en bas, et le releveur superficiel de l’aile du nez et de la lèvre latéralement. Il attire les téguments auxquels il s’insère vers le dos du nez. Son action vestibulaire est double: il est constricteur narinaire par ses connexions avec le myrtiforme et dilatateur par ses fibres insérées sur la partie externe de l’aile du nez.

Muscle dilatateur de la narine

Ce petit muscle se présente sous la forme d’une mince lame musculaire plate et quadrilatère, s’étendant dans l’épaisseur de l’aile du nez. Il s’attache en arrière à la peau du sillon naso-labial, parfois au bord supérieur de l’orifice piriforme. De là, les fibres appliquées sur le cartilage alaire gagnent le bord inférieur de l’aile du nez et se fixent à la face profonde du tégument. Sa contraction porte l’aile du nez en dehors et augmente ainsi le diamètre transversal des narines. Il est dilatateur. C’est le seul muscle intervenant de façon inconsciente durant l’inspiration, dont la mise en jeu est autonome sous commande du centre respiratoire bulbaire.

 Muscle abaisseur du septum ou myrtiforme

Dérivé de l’orbiculaire de la bouche, ce petit muscle quadrilatère s’étend du bord alvéolaire du maxillaire au-dessus de la canine, à la face profonde de la peau de la columelle, ainsi qu’au niveau des extrémités inférieures des crus mésiales, en passant en arrière de l’orbiculaire des lèvres. Sa contraction bascule vers le bas l’aile du nez et rétrécit transversalement l’orifice narinaire (en forme de feuille de myrte). Elle abaisse la pointe lors du rire, de la parole et de la respiration forcée.

 Muscle releveur superficiel de l’aile du nez et de la lèvre supérieure

Issu de l’orbiculaire de l’oeil, il s’étend du bord interne de l’orbite à la lèvre supérieure et à l’aile du nez. Il s’insère en haut sur la face externe de l’apophyse orbitaire du maxillaire et sur l’os propre. Ses fibres suivent alors le sillon nasogénien, puis s’étalent en éventail pour se fixer à la peau de la partie postérieure de l’aile du nez en dedans et sur la peau de la lèvre supérieure près de la commissure en dehors. Sa contraction provoque une élévation de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, celle-ci étant également attirée en dehors.

Vascularisation artérielle du nez

La vascularisation du nez est assurée par deux grands systèmes anastomosés  :

-le système carotidien interne, par l’intermédiaire des  artères ethmoïdales, branches de l’artère ophtalmique.

-le système carotidien externe  par l’intermédiaire de l’artère sphéno-palatine , branche de l’artère maxillaire .

 Revêtement cutané

La peau du nez externe est éminemment variable, d’un individu à un autre mais aussi selon sa localisation sur la pyramide nasale. Epaisse et mobile à la racine du nez, elle s’affine au niveau du dorsum tout en conservant sa mobilité : il n’y a pas d’adhérence entre la peau et le plan ostéocartilagineux. Elle redevient épaisse et séborrhéique en regard de la suprapointe (ou dépression sus-lobulaire), avec une composante graisseuse plus importante. Au niveau de la pointe du nez et des ailes narinaires enfin, la peau est très épaisse et riche en glandes sébacées. Elle adhère fortement au périchondre des cartilages alaires.

Lors du vieillissement, le derme se désorganise et s’appauvrit en collagène. Il perd en élasticité et se relâche. Il existe alors un excès cutané en regard des zones ou la peau est peu adhérente : racine du nez et dorsum. Les glandes sébacées deviennent plus denses, la peau du lobule et des ailes du nez s’épaissit, parfois considérablement avec au maximum l’apparition d’un rhinophyma.